Jean-Marie Delhaye

Un pionnier, architecte

et membre fondateur

du Cluster Eco-Construction

de la Région Wallonne​

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Métiers

​​​Jean-Marie Delhaye est un architecte indépendant. Il fait partie du groupe d'architectes ARTerre​ (A​​​rchitecture Relation Terre) . Il se consacre essentiellement à des projets de maisons individuelles, en neuf ou en rénovation. Sa clientèle est donc composée de particuliers parmi lesquels 40 % sont des auto-constructeurs. Cependant, il a aussi réalisé des projets de plus grandes envergures, tels que l'auberge de jeunesse de Liège ou le centre Kegeljan, qui est le bâtiment du parti Ecolo de Belgique. Il a également eu l'occasion de réaliser des projets en Haïti (habitats paysans, écoles,  centre de formation pour le mouvement paysans de papaye) et en Équateur.

Il travaille uniquement dans ce qu'il appelle " l'écobioconstruction ".

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Parcours

Au début des années 80, ayant terminé ses études à l'école d'Architecture de Saint-Luc à Liège, Jean-Marie Delhaye a décidé de partir deux ans en Haïti, en tant qu'objecteur de conscience. L'ambition était sociale puisqu'il s'agissait de se mettre au service du logement pour les plus pauvres. L'idée était aussi de travailler avec un matériau local : la terre. Il a fait venir en Haïti l'une des premières machines pour fabriquer des blocs de terre crue : la " Testaram ", de fabrication belge. Il a ainsi pu contribuer à l'édification d'habitats en terre qui servaient aussi de chantiers-formation.

Deux autres architectes de la même école, Claudy Mercenier et son épouse Colette Balsacq, l'ont ensuite rejoint sur place. A leur retour en Belgique, tous les trois ont souhaité se regrouper dans un même bureau, tout en restant indépendants. C'est ainsi qu'en 1988 le groupe " ARTerre " a été fondé, avec deux sites : Liège et Fléron.​

Petit à petit se sont imposés de nouveaux matériaux écologiques, autres que terre. Puis, au début des années 90 est apparue la notion de développement durable, ce qui a conforté l'engagement du bureau dans l'éco-construction.

Matériaux

Parmi les matériaux qu'il privilégie, Jean-Marie Delhaye cite la terre, la paille, la ouate de cellulose et le bois. La terre est un matériau local très intéressant : elle peut permettre de réguler l'hygrométrie des bâtiments qui étaient très inconfortables jusque-là. La terre est un matériau qui présente tellement de propriétés utiles à l'habitat et qui ouvre un champ de recherche encore tellement vaste que nombreux lui prêtent une dimension presque "magique", ou en tout cas pas toutes encore découvertes.

La paille est également un matériau naturel, disponible en dehors des circuits de distribution habituels et qui présente le meilleur rapport qualité/prix. Son emploi dans un projet de bâtiment permet de satisfaire assez facilement aux exigences des normes en matière d'isolation thermique. Elle peut être intégrée dans une ossature bois ou être utilisée elle-même comme structure porteuse.

La ouate de cellulose est un bon isolant qui se marie très bien avec le bois et qui est facile à mettre en œuvre par des professionnels.

Le bois lui-même est un matériau naturellement source de bien-être et de confort. De plus, les arbres fournissant ce matériau ont capté du CO2 pour leur croissance. Manufacturé sous forme de laine de bois, c'est un excellent isolant.

Jean-Marie Delhaye s’intéresse aussi au béton de chaux-chanvre et utilise des plaques de gypse (marque Fermacell) en substitut des plaques de plâtres habituelles. Il n'oublie pas la partie électricité en proposant des biorupteurs et câbles blindés pour les installations.

Enfin, en attendant la mise au point d'isolants en rouleaux constitués de fibres 100 % naturelles, il essaye d'éviter les "matelas" isolants qui aujourd'hui, contiennent généralement de 10 à 15 % de polyester.